vendredi 4 mars 2016

Du hasard

 Je ne sais si le hasard est partout. Il serait, je crois, excessif de le prétendre. Mais en ce moment, soit que je traque ses manifestations, soit qu’il me dresse des embuscades, je le rencontre sans cesse. Il tient la chandelle quand je tombe sous le charme de James Baldwin. Il est là, encore, au cœur des reproches que j’adresse à Edouard Louis à qui je fais grief, sinon d’en nier tout à fait l’existence, du moins d’en minimiser le rôle. Là, toujours, qui rôde dans les parages, quand je travaille à la rédaction d’un essai sur l’engagement en politique et l’engagement en littérature.

Ma fascination pour la force mystérieuse que représente le hasard ne date pas d’hier. Déjà dans Look en trouvait-on l’écho :

« Anagrammes, dates, hasards, coïncidences, affinités, points communs, homophonies, destin, néant, on s’invente bien des rampes à quoi se cramponner quand le plancher tangue de trop. » De là vient peut-être qu’on accorde tant de place et d’importance aux statisticiens qui masquent la petitesse de leur savoir derrière de très grands nombres. Pourtant, que m’importe de savoir que deux tiers des couples divorcent, à moi dont nul ne peut prédire si je serai du lot ou bien dans le tiers qui reste ? »

La semaine dernière, alors que je travaillais justement à l’essai sur l’engagement que je viens d’évoquer, butant sur une question qui avait trait à la place du hasard dans nos vies, je me suis souvenu d’avoir noté il y a bien longtemps une citation de Yourcenar dont je crus qu’elle pourrait m’être utile. Mon journal m’assure que c’était le vendredi 19 octobre 2007 :

« Les gens n’aiment pas découvrir combien leur vie dépend du hasard. Cela les embarrasse. Ils aiment avoir une vie plus ou moins contrôlée par eux, ou sinon par eux, par leurs passions, par leurs amours, même par leurs erreurs. Ils trouvent cela plus beau, plus intéressant. Mais que cela ait dépendu simplement de l’autobus qu’on a pris. »

Coïncidence sans signification, l’amie qui m’a offert le livre dont ces lignes sont extraites, —appelons-la C.P.—, portent les mêmes initiales que ma mère avant le mariage dont je suis le fruit. Intitulé Les yeux ouverts, c’est un livre d’entretiens paru en 1980 dans lequel l’auteur des Mémoires d’Hadrien répond à Matthieu Galey (dont l’orthographe du nom suffit à montrer qu’il n’a aucun rapport avec l’actuel président de Radio France). Au matin, j’avais dit à C.P. avec quel enthousiasme je venais de dévorer quelques-uns des romans de Marguerite Yourcenar. Quelques heures plus tard, forcée d’y voir une amusante coïncidence, elle tomba sur ce volume chez un libraire du coin de ma rue qui vendait des livres d’occasions. L’ayant feuilleté et jugé intéressant, sûre qu’il se trouverait tôt ou tard quelqu’un pour m’en donner lecture, elle décida de me l’offrir. Afin d’aiguiser mon appétit, juste après m’en avoir fait cadeau, elle y piocha et me lut à voix haute trois extraits au hasard, dont celui que je viens de reproduire. Pourquoi fit-il si forte impression sur moi ? Quelles préoccupations du moment vint-il faire résonner ? Je ne saurais le dire mais, sitôt certain de l’importance de ce qui se disait là, ce vendredi 19 octobre 2007, je lui demandai de m’en faire la dictée afin d’en garder trace.

Depuis ce jour, j’y ai souvent repensé mais, procrastinant sans cesse, je n’ai jamais demandé à un voyant de me lire Les yeux ouverts. Avec le temps, la chose s’avéra d’ailleurs inutile : le livre finit par faire son entrée au catalogue de la Bibliothèque numérique francophone accessible, me permettant de le lire en toute autonomie sans solliciter la paire d’yeux d’un lecteur.

Ramené vers cette citation par le travail en cours, j’ai souhaité il y a une semaine en connaître le contexte. J’ai donc enfin téléchargé ce livre dans Victor. J’ai dû fouiner un bon moment avant de retrouver les phrases qu’on vient de lire. Elles se situent, page 176, dans le chapitre où Yourcenar revient sur l’écriture de L’œuvre au noir et sont immédiatement suivies par ces mots :

« M.G. : Ce n’est pas l’impression que l’on retire de la lecture du roman. Ou alors il s’agit d’un hasard très dirigé.
M.Y. : Peut-être. Mais alors on tombe dans la métaphysique ou dans la magie. En causant avec l’évêque, Zénon signale que tout est magie. Elle tient au fait d’abord que tout est influence. Et ensuite que les circonstances sont si enchevêtrées qu’on ne peut pas toujours en donner une explication rationnelle. On peut dire que tout est prédestiné, que tout est un arrangement extrêmement savant dont nous ne voyons qu’une toute petite partie. On peut dire aussi que tout est chaos. Et je me heurterai à ce dilemme jusqu’au bout. »

Loué soit le hasard qui a voulu que, contrairement à mes habitudes lorsqu’on me dicte quelque chose, j’ai oublié ce vendredi 19 octobre 2007 de demander à C.P. le numéro de la page car, chemin faisant, avant même de me décider à lire le livre tout entier, j’ai découvert quantité de passages où, en stoïcienne qui embrasse le tragique, Marguerite Yourcenar insiste sur l’importance du mystère.
Ainsi page 138 :

« J’ai beaucoup de respect pour le hasard. Je crois à cette acceptation des objets donnés et de la vie donnée qu’il faut prendre comme elle vient. »

Ou bien, tout juste dix pages plus loin :

« C’est une constante de ma pensée. Je crois à l’énorme part de hasard en tout. Et par « hasard », j’entends l’entrecroisement d’événements aux causes trop complexes pour que nous puissions les définir ou les calculer. Et qui en tout cas ne semblent pas, —voyez comme je suis prudente—, ne semblent pas dirigés par une volonté extérieure à nous. » (p. 148)

Et encore, page 227, quand, du haut de ses soixante-quinze ans passés, Yourcenar avoue son échec quand elle tente de dire ce qui l’a fait ce qu’elle est :

 « Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J’y rencontre ma nature déjà composite, formée en parties égales d’instinct et de culture. Çà et là affleurent les granits de l’inévitable, partout les éboulements du hasard. Je m’efforce de reparcouriir ma vie pour y trouver un plan, y suivre une veine de plomb ou d’or ou l’écoulement d’une rivière souterraine, mais ce plan tout factice n’est qu’un trompe-l’œil du souvenir. »

Quelques jours plus tard, tandis que je poursuis parallèlement la rédaction de mon essai sur l’engagement et la lecture du livre de Yourcenar, la mère de mon frère, —appelons-la D.C.—, me téléphone pour me parler de Karol Beffa, pianiste, compositeur et improvisateur qu’elle vient d’entendre à la radio. Son nom m’est connu. Je l’ai découvert à l’époque où, en tant que titulaire de la chaire de création artistique au collège de France, il avait invité un de ses amis, le pianiste et compositeur Jérôme Ducros, à prononcer la plus belle, la plus drôle et la plus convaincante desconférences sur l’histoire de la musique savante au XXe siècle. Très enthousiaste, D.C. m’apprend qu’il était invité sur France musique pour parler d’un livre, Les coulisses de la création, dans lequel sont reproduits ses entretiens avec le mathématicien Cédric Villani, lauréat en 2010 de la très prestigieuse médaille Fields. Tous deux anciens élèves de la rue d’Ulm, le mathématicien et le compositeur y discutent de l’intimité, des différences et des similitudes de leur métier respectif et si souvent fantasmatique. Le sujet m’intéresse d’autant plus qu’invité à Perpignan le mois suivant en tant qu’écrivain/musicien, j’aurai moi aussi bientôt à parler des mystères de la musique et de l’improvisation. Je raccroche après avoir remercié D.C. de m’avoir fait connaître Les coulisses de la création. Je lirai dès que ça me sera possible.
Toujours grâce à la BNFA (dont je ne dirai jamais assez combien elle m’est une chance), ce fut le cas dès le vendredi suivant. J’aime dîner en tête-à-tête avec un livre. Le lendemain, samedi dernier donc, je m’attable avec un casque sur les oreilles:

« K.B. : Et comment choisis-tu donc les sujets sur lesquels tu travailleras ?
C.V. : Par nécessité. Car parfois un problème s’impose comme si on avait pas le choix. Par rêve, car on est très sensible à une belle vision intellectuelle que l’on pressent. Par curiosité, car on passe son temps à se poser des questions. Et par hasard, bien sûr !
K.B. : C’est drôle, quand même, qu’un mathématicien évoque le hasard comme une force qui dirige sa vie.
C.V. : Mais parfaitement. Je revendique le droit au hasard, à l’errance, pour moi et mes semblables mathématiciens. »

On imagine mon sourire en découvrant fortuitement ces propos dès la page 14. Ce qui frappe, c’est l’humilité à laquelle conduit la reconnaissance du hasard et du donné. Tout bourreau de travail qu’il soit, C.V. (qui porte les mêmes initiales que mon frère aîné) pousse l’élégance et la probité jusqu’à se reconnaître le jouet d’une puissance essentielle, le brillant et chanceux comédien d’une pièce dont il admet que certaines répliques sont écrites et fournies par le hasard.

Plus loin, continuant de rendre hommage à cette force aussi mystérieuse que décisive, il soutient que c’est en raison d’une propension psychique naturelle qu’un premier mouvement nous pousserait à s’aveugler sur l’exacte dimension de son empire :

« On peut toujours trouver des nombres dès qu’on les cherche et notre cerveau est conditionné pour repérer des coïncidences. C’est bien pour cela que nous avons tant de mal à imaginer un tirage aléatoire. Les coïncidences surgissent dans la nature, souvent par hasard. Lancez une pièce de monnaie en l’air cent fois, il pourra très bien se faire que six fois d’affilé un pile sorte. Et dans les décimales de pi, il y a certainement écrit, quelque part, L’odyssée toute entière en langue islandaise. »

Voilà qui explique sans doute pour une part que tant de gens plus ou moins bien intentionnés passent leur vie à trouver du sens, à plaquer du mécanique sur du vivant, à dévoiler de prétendues relations de causalité, à affirmer qu’il y a quelque chose là où pourtant il n’y a rien.

Développant toujours ce même thème dans le chapitre de conclusion, quand K.B. (qui a indubitablement les mêmes initiales que Karim Benzema) demande à son ancien camarade de l’école normale quels conseils il adresserait à un jeune créateur, C.V. répond :

« La première chose, c’est de faire confiance au hasard. L’avenir est dur à prédire et c’est très bien comme ça. Il ne faut pas tout calculer. Certes, il est bon d’avoir des plans mais souvent le hasard fournit des occasions bien meilleures qu’il faudra saisir. Dans mon parcours, les meilleurs résultats que j’ai démontrés et qui m’ont valu la médaille Field, sont venus par hasard. »

Le présent texte doit beaucoup au hasard, il ne lui doit pas tout. Si je l’ai jugé digne d’un effort, ce n’est pas seulement pour montrer par quel hasard le hasard s’invite constamment dans mes pensées, pas non plus pour me prévaloir du prestige d’un grand écrivain et d’un grand mathématicien afin d’asseoir par leur autorité la légitimité de mes croyances. Si j’ai choisi d’écrire sur cette question, c’est aussi que, par-delà cette ode à l’aléa, j’aimerais ausculter les contempteurs du hasard dont l’abondance me fascine et me paraît révélatrice. On l’a vu, Marguerite Yourcenar les appelle « les gens ». Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils si nombreux ? Si bavards ? Elle assure qu’ils trouvent « plus beau et plus intéressant » de se raconter une vie dont ils seraient les maîtres. Mais pourquoi ? D’où provient cette tendance dans laquelle ils se complaisent ?

C’est bien sûr par hasard, un hasard ordinaire, même pas le plus grand d’entre eux, que j’ai trouvé un premier élément de réponse quelques heures à peine après avoir quitté Les coulisses de la création. Je vais sur twitter et, à peine connecté, apparaît une phrase postée par un ami, le jeune et talentueux écrivain Thomas Dietrich, —appelons-le T.D. comme « travaux dirigés ». Longtemps que je n’ai eu de ses nouvelles. Je remonte son fil pour savoir ce qu’il devient et je ne tarde pas à dégoter cette perle :

« Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que j’ai choisi de devenir ». Carl Gustave Jung.

Lors de ma première rencontre avec T.D., dix minutes ne s’étaient pas écoulées qu’il m’avait confié être surdoué, —tout comme, au lecteur, le héros de son premier roman avant la dixième page. Qui lui parle cinq minutes comprend que cette hâtive confidence n’est pas un mensonge. Pour autant, elle n’en est pas moins une vantardise, un pur fruit de l’orgueil. À l’évidence, la célérité et l’efficacité de son cerveau ne sont aucunement le produit d’une décision ou d’efforts dont il y aurait lieu de tirer gloriole. Il n’a pas plus choisi d’être intelligent que de passer les dix-sept premières années de sa vie en Afrique. Non qu’il n’ait aucun mérite mais, attribuant sa juste place au rôle de la volonté dans l’existence, il aurait dû écrire : « Je suis pour une part ce qui m’est arrivé et pour une autre ce que j’ai choisi de devenir. » Formulation assurément plus honnête ; formule, certes, moins tape-à-l’œil et moins galvanisante.

Le hasard a contre lui la foule des vaniteux qui, par orgueil, surévalue les effets de leur volonté afin de s’attirer les retombées de la gloire d’événements dont ils ne sont que partiellement responsables. Ayant déjà cité deux fois ‘Le coche et la mouche’ dans des billets récents, avant qu’on ne m’accuse de ne boire jamais qu’à La Fontaine, disons plutôt cette fois que ces vaniteux adoptent et colportent la célèbre phrase de Jean Cocteau dans Les mariés de la tour Eiffel : « Puisque ces événements nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ».

A la recherche de l’exacte provenance de la phrase de Jung, je la tape dans Google. Ma requête reste insatisfaite mais je constate que cette phrase est reprise, commentée, sloganisée, mantraïsée, pavlovisée et mise en avant par quantité de sites de coaching, développements personnels, psychothérapeutes, vendeurs de bien-être, gourous de la volonté performante et autres fabricants cupides d’un « moi » optimisé. Si fort que je respecte le hasard, je ne pousse pas la bêtise jusqu’à prétendre que la volonté, le travail et l’effort ne servent nulle part à rien. Mais la seule prolifération des coachs et autres dresseurs d’âmes rétives ou récalcitrantes est un premier indice : dans un monde qui survalorise le travail et préfère l’action à la contemplation, on gagne bien mieux sa vie en misant sur les moyens de renforcer la volonté qu’en enseignant à accepter le hasard. Le hasard a contre lui ceux qui, de plus ou moins bonne foi et à plus ou moins juste titre, se targuent de vendre les solutions supposées en conjurer les effets.

Sur le plan politique, le hasard a pour adversaire les tenants de l’antifatalisme au sein desquels deux groupes peuvent se distinguer. Dans le premier, —disons celui des méritocrates individualistes—, on trouve, bien connus, les perroquets qui, atteints d’une cécité plus ou moins volontaire, refusent d’admettre que les hasards de la naissance, du milieu ou plus généralement des circonstances, ait la moindre incidence sur la suite des événements. Ce sont tous les propagandistes du « quand on veut, on peut », tous ceux qui entretiennent la fable idiote selon laquelle l’acharnement suffit à tout obtenir. A les en croire, un nain n’aurait qu’à faire preuve d’obstination pour devenir basketteur ; ou bien un géant obèse n’aurait qu’à travailler pour exaucer son rêve de devenir jockey. Pour eux, c’est l’individu, et lui seul, qui décide de sa destinée.

Dans le deuxième groupe, —disons celui des « hasardophobes » socialistes—, se trouvent ceux qui, au contraire, ne veulent pas entendre parler du hasard tant ils sont persuadés que l’omnipotence politique pourrait en gommer les effets. Ceux-là refusent quasiment d’admettre que le hasard nous a fait naître d’un sexe ou bien de l’autre puisque, loin d’être une décision du sort, le genre n’est à leurs yeux qu’une construction sociale. Pour ces derniers, le donné n’existe pas. A force de constater les prodiges qu’a accompli l’intelligence humaine, ils en sont venus à la croire capable de tout. Ou bien feignent-ils seulement de le croire...
Grâce à la parution de Look, j’ai été invité à divers colloques savants sur le handicap où j’ai croisé beaucoup de ces anti-fatalistes. En effet, de nombreux spécialistes des « disability studies » partent du principe que le handicap n’existe pas en tant que tel, mais qu’il est au contraire le résultat du seul regard que la société porte sur celui ou celle qu’elle désigne comme handicapé. A les entendre, si absurde que soit cette assertion, un aveugle n’est pas aveugle parce qu’il a été loti d’yeux impuissants, un aveugle est aveugle parce qu’il est perçu comme tel par son entourage. En cherchant à comprendre comment expliquer pareil déni de réalité, j’en suis arrivé à la conclusion que ceux qui le formulent préfèrent accuser la société qu’ils jugent stigmatisante plutôt que le sort parce que, contrairement au hasard qui assigne son lot à chacun avec une inflexible souveraineté, la société leur semble toujours pouvoir être modifiée, amandée, corrigée. Accuser la société, c’est encore conserver l’espoir d’un monde meilleur. Reconnaître le hasard, c’est prendre acte d’un monde implacable et tragique sur lequel l’emprise de l’homme reste limitée.


Ainsi le hasard dérange d’une part ceux qui tiennent pour une panacée de se retrousser les manches et, d’autre part, ceux qui, faisant de l'optimisme une vertu et de l'activisme une hygiène, considèrent qu'il est indigne de l'homme de baisser les bras. De part et d’autre, chez les individualistes comme chez les socialistes, on s’accorde à ne pas vouloir admettre la tragique persistance du donné et de l’inéluctable, on refuse l’existence même de l’impossible. Doit-on les en blâmer ? Ce n’est pas certain. La dimension tragique de l’existence et le refus de l’impossible pourraient bien compter au nombre des vérités dont Céline disait qu’aucun régime politique ne supporterait la révélation. Sous peine d’implosion, la société a impérativement besoin des mensonges que dénonce pourtant implacablement l’existence de la réalité qu’est le hasard. Individuellement, un homme peut être stoïque, mais une société, jamais. Tenir compte du hasard, c’est presque toujours accepter l’injustice. Or, la justice, à défaut d’être une réalité, est une idée indispensable car ici le dicton a raison : si irréaliste que soit l’espoir, l’espoir fait vivre. A ce titre, il mérite peut-être d’être soutenu, fût-ce par les arcs-boutants de quelques contre-vérités. Voilà, ce me semble, l’une des principales raisons pour lesquelles l’influence du hasard est, sinon toujours tenue secrète, du moins toujours évoquée en sourdine.

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